La poésie de Benoît le poète...
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L'Amour, sans Rendez-Vous

L'Amour est arrivé là, sans rendez-vous
Avec ses bagages aux mille pochettes secrètes
Un parfum sucré qu'il n'avait jamais goûté
Lui disait de rester...

On ne lui a pas demandé de raconter ses voyages
On n'osait pas le questionner sur ses aller-retour
Et encore moins le pousser à dire ce qu'il voulait
On avait peur de l'effaroucher...

Il n'avait pas eu le temps de se déshabiller d'hier
Que l'on désirait le couvrir de nouveauté
Mais quels vêtements choisir?
On n'avait pas le temps pour de telles futilités...

L'Amour est arrivé là, sans rendez-vous
Avec son carnet de rêves et de comptes
Une brise éclairante qu'il n'avait jamais frôlée
Lui disait de rester...

Il aurait aimé qu'on déroule le tapis rouge
Qu'on l'installe au coeur des choses
Mais on avait peur qu'il se gonfle de son importance
Et qu'il éclate et disparaisse comme il était venu...

Alors on lui a fait une petite place
Sans changer le monde tout autour
On ne voulait pas l'attacher avec de douces promesses
On ne se doutait pas qu'il se perdrait...

L'Amour est arrivé là, sans rendez-vous
Avec sa tente aux piquets tordus
Un accent envoûtant qu'il n'avait jamais entendu
Lui disait de rester...

Mais contre toute attente, il se sentait coincé
Retenu par tant de liberté
Blessé par tant de respect
Ne sachant plus très bien s'il devait s'installer ou s’enfuir en courant...

Pourtant il s'avait ce qu'il voulait
Des bras envahissant, des paroles dangereuses
Son coeur avait besoin d'un miroir pour s'apprivoiser
Sa voix avait besoin d'un écho
Pour donner le ton à sa croisade...

L'avait-il crié assez fort?
L'avait-il expliqué justement?
Il était si petit et grand en même temps
Il avait tant à apprendre et tant à donner...

L'Amour est arrivé là, sans rendez-vous
Dans ses gros souliers avec ses petits moyens
On a eu si peur de lui
Qu'il devrait aujourd'hui repartir, attristé et vaincu...

Et on se désolera de ne pas avoir trouvé la clé de son coffre-fort...

 

Dominique Joyal